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Retour d’expérience sur le déploiement des PAS à Lyon

26 mars 2026

Depuis septembre dernier, 3 Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) sont déployés par l’Association IRSAM en dans la circonscription Ecully Lyon Duchère.

Pour rappel, les PAS sont co-portés par l’Éducation Nationale et le secteur médico-social, sur la base d’un financement ARS.

Ces nouveaux dispositifs dont le cahier des charges a été publié en septembre 2025 ont pour ambition de soutenir l’accessibilité scolaire des élèves à besoins éducatifs particuliers, de la maternelle au lycée.

Les PAS reposent sur un binôme enseignant spécialisé / éducateur spécialisé, chargé d’analyser les situations, de coordonner les acteurs et de proposer des réponses adaptées, en lien étroit avec les familles et les professionnels.

Pensés comme des dispositifs d’appui, les PAS n’assurent pas de suivi direct dans la durée, mais interviennent de manière ciblée pour fluidifier les parcours scolaires et soutenir les équipes.

A travers les témoignages d’Elsa Chassagnac, Educatrice spécialisée, et Blandine GHEWY, Enseignante spécialisée, cet article propose un regard croisé sur le fonctionnement quotidien d’un binôme ainsi que la mise en œuvre concrète des PAS après 6 mois de mise de déploiement.

Une mise en œuvre en deux temps : la préparation avant d’aller sur le terrain

Le mois de septembre 2025, avant d’aller dans les établissements scolaires, les trois binômes ont d’abord bénéficié d’un temps de structuration important, qui leur a permis de préparer et de créer leurs outils.

Les équipes ont ainsi construit collectivement leurs méthodes de travail, ce qui a permis de poser des bases solides tout en renforçant la cohésion des binômes.

Un quotidien sans journée type

Le travail en PAS se caractérise par une grande diversité d’activités.

Blandine G. :« Il n’y a pas de journée type. […] On peut enchaîner six rendez-vous ou n’en avoir qu’un seul. »

Le quotidien alterne entre :

  • Rendez-vous avec les familles et les enseignants
  • Observations en classe
  • Coordination avec les partenaires et les acteurs paramédicaux (orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues…)
  • Temps d’analyse et de rédaction des plans d’action (propositions concrètes).

Les professionnels ont un fonctionnement à la fois mobile et adaptable, intervenant dans les nombreux établissements de leur circonscription.  Cette organisation les amène à se déplacer très régulièrement pour observer les élèves dans leur environnement scolaire, de la maternelle à la terminale. Ainsi, Elsa et Blandine suivent ensemble 34 élèves répartis au sein de différents écoles, collèges, lycée de la circonscriptions Ecully – Lyon Duchère.

Un binôme et une double expertise

Le travail en PAS repose avant tout sur une logique de binôme. Réception et analyse des saisines, rencontre des familles et des enseignants, élaboration des plans d’action, tout se construit à deux.

Même si les rôles peuvent légèrement différer – avec une enseignante davantage centrée sur la coordination et une éducatrice plus présente sur le terrain – la pratique montre une forte interdépendance : « Dans les faits, on fait beaucoup de choses à deux ». (Elsa Chassagnac)

Cette coopération à mi-chemin entre l’enseignement et le médico-social favorise le travail de co-construction à partir de deux pratiques différentes, ce qui permet d’avoir une « vision bien meilleure de l’enfant » (Blandine GHEWY)

La complémentarité du binôme vient du fait qu’il propose une double expertise pour un accompagnement global, étant compétent à la fois sur le volet pédagogique, des enseignements et des apprentissages, mais aussi sur le volet médico-éducatif (besoins centrés sur l’enfant, les spécificités des élèves à besoins éducatifs particuliers, champ du handicap, savoir décrypter des situations familiales, analyse du comportement, solliciter l’intervention de professionnels paramédicaux…)

Du suivi à la coordination : un changement de posture

Ce positionnement coordonné représente un véritable changement de posture pour les professionnels, dont le métier évolue vers une approche plus globale et moins centrée sur l’accompagnement direct.

Dans les faits, le binôme enseignant/ éducateur spécialisé voit très peu les jeunes. Contrairement aux dispositifs classiques, il ne s’agit pas d’assurer un accompagnement direct des élèves, mais de proposer des interventions ponctuelles, en lien avec les familles et les équipes éducatives.

Elsa C :« Si le PAS est mobilisé sur toute une année […] c’est peut-être qu’il y a besoin d’un outil plus soutenant. »

Ce positionnement implique une certaine distance avec les élèves. « On ne propose pas de suivi. » (Elsa C.) Le cœur du métier pour ces professionnels évolue et devient davantage une fonction d’analyse diagnostic, de coordination et de conseil.

Un médiateur entre les enseignants et les familles

Les familles, les enseignants, les professionnels du soin et les professionnels paramédicaux (orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues…) sont les principaux interlocuteurs des PAS.

Ce service joue un rôle clé de médiation, notamment lorsque les relations entre l’école et les familles sont fragilisées. Grâce à leur double regard, les PAS peuvent décrypter les situations et apaiser les tensions.

Ce travail relationnel est central pour expliciter les rôles de chacun, recueillir le vécu des familles, accompagner les échanges avec l’école, faisant des PAS des espaces de dialogue, au service de l’élève.

Un service avec deux employeurs

Le fonctionnement des PAS repose sur une articulation entre deux institutions : l’Éducation Nationale et le médico-social. A ce titre, les enseignants sont rattachés à l’Éducation Nationale, tandis que les éducateurs dépendent d’un établissement médico-social.

Si cette double appartenance pourrait complexifier l’organisation, elle est aussi une richesse : « Cela permet de pouvoir échanger sur les situations […] et de recevoir des conseils. » (Blandine G.)

Quels apports du dispositif ?

Malgré les ajustements encore nécessaires, les professionnels soulignent plusieurs apports majeurs :

Pour les élèves :

  • Une meilleure prise en compte de leurs besoins,
  • Des réponses plus rapides et adaptées.

Pour les enseignants :

  • Un appui concret,
  • Des outils pédagogiques,
  • Un espace de prise de recul.

Pour les familles :

  • Une meilleure compréhension des difficultés,
  • Un accompagnement dans les démarches,

Un rôle renforcé dans les décisions.