À 29 ans, il avance aujourd’hui avec des béquilles, mais surtout avec une détermination silencieuse. Né à Nice, d’origine corse par son père et niçoise par sa mère, il a grandi entouré de sa sœur cadette, Prescillia, et de son petit frère, Melvin. La vie n’a pourtant pas suivi un chemin linéaire. Les parents se séparent, les repères changent, mais rien ne laissait présager le bouleversement qui allait marquer un avant et un après.
Le 9 juillet 2022, un accident de voiture vient brutalement interrompre son quotidien : traumatisme crânien, lésions corticales, déficience visuelle, insuffisance rénale, etc. La liste médicale est lourde, mais derrière les diagnostics, il y a surtout un jeune homme confronté à une perte soudaine d’autonomie, de projets et parfois de liens.
Les mois qui suivent sont éprouvants. Il passe du fauteuil roulant au déambulateur, puis aux béquilles. En parallèle, une autre épreuve s’ajoute : une séparation sentimentale après six ans de relation, et un cercle amical qui se réduit drastiquement. Sur une vingtaine d’amis, seuls deux ou trois restent présents. La famille élargie, elle aussi, se fait plus distante. L’accident ne touche pas seulement le corps, il bouleverse toute une vie sociale.
Depuis un an, il est accompagné à la IRSAM Villa Apraxine, où son quotidien s’organise autour des soins et de la rééducation. Du lundi au vendredi, les journées sont rythmées par les rendez-vous : orthophonie, kinésithérapie, ergothérapie, sport adapté. Un rythme exigeant, mais nécessaire pour avancer.
Malgré cela, il garde des espaces de respiration. La musique, notamment, occupe une place essentielle : techno, disco, rap ou country accompagnent ses moments de détente.
Au sein de l’établissement, il salue le professionnalisme des équipes, qu’il décrit simplement comme « nickels ». Avec les autres résidents, majoritairement porteurs de handicaps de naissance, il trouve peu à peu sa place, malgré des parcours de vie très différents. L’adaptation se fait naturellement, sans heurts.
Quant à l’avenir, il reste encore en construction. Les contraintes liées à son handicap rendent toute projection professionnelle complexe. Aujourd’hui, il prend le temps d’accepter cette nouvelle réalité.
Quelques amis fidèles – Matteo, Loïc et Enzo – continuent de faire le lien avec l’extérieur, venant lui rendre visite quand ils le peuvent.
Son parcours n’est pas celui d’une résilience spectaculaire ou d’un miracle. C’est celui, plus discret mais tout aussi fort, d’un jeune adulte qui apprend à composer avec l’après, à reconstruire pas à pas, entouré, accompagné, et encore habité par l’envie d’avancer.