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Répit - La Parenthèse Actus Bienvenue

Portrait de Steven Lauret, enseignant APA à IRSAM La Parenthèse et participant au Trail Ultra-Terrestre à La Réunion

28 avril 2026

Natif de La Réunion, Steven Lauret y a habité pendant 26 ans et a travaillé 7 mois au sein de l’établissement IRSAM La Ressource à Saint Louis, un établissement qui accueille un public déficient visuel et auditif avec troubles associés. C’est en janvier 2023 qu’il a rejoint les équipes lyonnaises à IRSAM la Parenthèse depuis maintenant 4 ans.

Après avoir couru le 18km du Lyon Urban Trail 2026 lors d’une journée cohésion et sensibilisation au handicap avec l’Association IRSAM, ainsi que l’Urban Trail 10 km de Caluire avec des collègues pour Nael, un jeune accompagné par le dispositif de répit, c’est maintenant à La Réunion directement que Steven va courir au couleurs d’IRSAM La Parenthèse.

Le pari semble un peu fou : 4 jours de course en quasi autonomie, 224 km de course, 14 000 km de dénivelés positives, une traversée d’un bout à l’autre de l’île.

Retour sur la préparation et les motivations de Steven à moins d’un mois du trail.

 

Quel est votre métier à IRSAM La Parenthèse ?

Je suis enseignant en activité physique adaptée. Mon rôle, c’est de proposer aux jeunes des activités physiques pour qu’ils puissent se dépenser. Le public TSA a beaucoup d’énergie, et l’idée est justement de leur offrir des temps dédiés où ils peuvent l’évacuer, se défouler.

Dans cet optique, je propose différentes activités sportives : escalade, natation, danse…

J’ai aussi plusieurs casquettes : je fais parfois fonction d’éducateur spécialisé, je peux être amené à rédiger les PPA, Projet Personnalisé d’Accompagnement et je suis également coordinateur de l’équipe Kaméléon qui intervient en fin de semaine du mercredi au vendredi ainsi que les weekends et les séjours. C’est-à-dire que je fais le lien entre les différents dispositifs. Par exemple, nous partageons les locaux avec l’IDV, donc il faut coordonner l’utilisation des espaces, du matériel, veiller à tout remettre en ordre et transmettre les informations aux autres équipes. C’est un vrai travail de communication, à la fois en interne et avec la hiérarchie.

 

Pourquoi avez-vous décidé de participer à l’Ultra-terrestre cette année ?

(Rires) Est-ce que je suis fou ? Non… enfin, peut-être un peu !

C’est surtout une passion. J’aime l’ultra-trail et les longues distances. Ça me permet d’apprendre à me connaître, à explorer mes limites.

Mais il y a aussi un parallèle avec les jeunes que j’accompagne. Moi, je choisis de me mettre en difficulté : la fatigue, les fortes dénivelés, la chaleur… mais eux vivent des difficultés bien plus importantes au quotidien.

Ils font face à des incompréhensions, des structures parfois inadaptées, des temporalités différentes. Ce sont des montagnes invisibles.

Donc oui, je sors volontairement de ma zone de confort, mais eux n’ont pas ce choix. Et si je peux utiliser cette course pour porter une cause et récolter des fonds pour eux, alors je le fais.

 

Quel est le message que vous voulez faire passer à travers cette course ?

J’aimerais qu’on change notre regard sur les personnes en situation de handicap, qu’on devienne plus bienveillants.

Aujourd’hui, on est beaucoup centrés sur nous-mêmes, surtout entre 20 et 40 ans : on veut avancer dans sa vie, réussir, progresser… sans penser à ce qui se passe autour de nous. Généralement, les personnes ne vont pas spontanément donner pour des causes, il faut aller les chercher.

Si je peux, à mon échelle, faire évoluer les mentalités grâce à la course, alors c’est déjà une victoire.

Avec l’expérience, notamment en gériatrie, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes réalisent trop tard l’importance de s’engager pour les autres.

Alors pourquoi attendre ? On a l’énergie maintenant, autant l’utiliser pour des causes qui comptent.

 

Comment se déroulent les conditions de course sur un ultra trail comme celui-ci ?

C’est une course en quasi-autonomie. Il faut gérer son sommeil, son alimentation… même s’il y a des ravitaillements et des bases de vie.

Ces bases permettent de se reposer, d’avoir un suivi médical si besoin, voire de récupérer avec des kinés. Mais malgré ça, ça reste une épreuve très exigeante.

 

Comment vous êtes-vous préparé ? C’est quand même une course de 4 jours, il y a des milliers de kilomètres. C’est peut-être la course la plus dure que vous ayez faite jusque-là ?

Ça va être la plus dure, oui.

Donc, comment on se prépare à ça ? C’est beaucoup de sacrifices. Sachant qu’à côté, j’ai une famille. Je suis père de 3 enfants déjà, dont la dernière qui a 2 mois.

Donc, il faut déjà avoir une bonne organisation.

Le matin, je me réveille alors que les enfants dorment encore, vers 4h ou 5h du matin pour aller courir avant le travail. Et je cours aussi le soir, si j’ai encore de l’énergie.

L’objectif, c’est d’avoir un gros volume d’entrainement. Là par exemple, je suis à près de 300 km dans le mois… c’est un entrainement intense, mais nécessaire pour ce type d’épreuve.

 

D’où est venue l’idée de courir pour les jeunes du Répit ?

Ça remonte à la Diagonale des Fous, que j’ai fait en projet perso en 2024 et 2025. C’est une course dure, avec deux nuits dans les sentiers. En 2024, j’ai fini la course mais en 2025, je n’ai pas eu l’occasion de la terminer. Je suis passé par des états émotionnels que je n’imaginais pas. Et pourtant, je me suis dit que malgré tout, ça n’était rien comparé à ce que vivent les jeunes que nous accompagnons au quotidien.  Alors ça m’a fait réfléchir, et je me suis dit que maintenant j’allais courir pour eux, pour nos jeunes.

Donc oui, je sais que cette course je vais en baver… mais comme je cours pour eux, j’ai une motivation supplémentaire et, cette fois, je ne lâcherai pas !

 

Un petit mot pour la fin ?

Venez nombreux du 14 au 17 mai sur les sentiers de La Réunion. Moi je serai bien présent aux couleurs de l’Association IRSAM !

Souvenez-vous qu’il n’y a pas de petits gestes : un don, un partage, un message… tout compte !

Cette cagnotte, c’est pour les projets d’IRSAM la Parenthèse et pour nos jeunes !

A très bientôt, le 14 mai, au départ de l’Ultra-terrestre.

 

Pour soutenir Steven le 14 mai prochain, participer et partager notre cagnotte !

👉Cliquez ici et fléchez directement votre don à IRSAM La Parenthèse !