Les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) proposent une réponse de proximité pour les élèves ayant des besoins éducatifs particuliers, de la maternelle au lycée, qu’ils bénéficient ou pas d’une reconnaissance de la MDPH. Un PAS est constitué d’un enseignant de l’Éducation Nationale, d’un éducateur spécialisé, tous les deux coordonnateurs, ainsi que d’une équipe d’appui du médico-social.
Sonia DAMOUR est éducatrice spécialisée, coordinatrice d’un des 10 PAS pilotés par IRSAM La Ressource aux côtés de l’Éducation Nationale dans le Sud de La Réunion.
Sept mois après les débuts, elle a répondu à nos questions sur ce nouveau service en co-portage Éducation Nationale et Médico-social.
« Mon rôle est d’accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers et leurs familles. Avec mon binôme, une enseignante spécialisée de l’Éducation Nationale, nous analysons les besoins de l’élève de manière globale. Nous avons un double regard, une double expertise, sur la situation de l’élève.
C’est un total changement dans mon métier d’éducatrice spécialisée. Je travaille quotidiennement avec l’enseignante au sein du lycée. Il a fallu s’acculturer avec une nouvelle entité : l’Éducation Nationale, ses procédures, son vocabulaire, ses façons de faire… Il a fallu comprendre les différents acteurs du 1er et du 2nd degré.
La collaboration est très importante au sein du binôme. Au début ce n’était pas simple, elle comme moi on avait notre vision. Cela a pris du temps de pour construire ce PAS. Il a fallu trouver une organisation de travail dans ce nouveau cadre. Chaque binôme a une certaine liberté dans l’organisation fonctionnelle de leur PAS.
Pour l’enseignante aussi c’est enrichissant. Le travail en PAS nécessite une collaboration avec un réseau de partenaires dans le médico social, du social, du libéral ainsi que des structures du médico-social comme les CMPP, CAMSPS, CMPEA, PCO… Pour l’enseignante aussi il aura fallu s’acculturer.
Notre bureau est dans un lycée mais nous travaillons dans 29 établissements de notre secteur, entre Petite Ile et Saint Joseph, de la maternelle à la terminale. On se déplace pour des temps d’observation de l’élève dans son milieu scolaire. Et on intervient auprès de l’élève concrètement, dans le cadre du plan d’action co-construit avec la famille et l’école.
La participation des familles est au cœur du PAS. Les directeurs d’établissements ont communiqué auprès d’elles. Le service a été conçu de façon à ce que les parents comme les enseignants puisse faire appel au PAS. Quand il y a une demande de la part des enseignants, on va d’abord recevoir les parents qui ont le droit de refuser l’accompagnement. On va demander aux parents ainsi qu’à l’élève concrètement ce qu’ils souhaitent, recueillir les demandes et attentes. On travaille ensemble, on met l’accent sur la co-construction.
Depuis mi-septembre, on a eu une quarantaine de demandes. Certaines sont déjà clôturées, d’autres sont en cours et d’autres en attente. Nous avons un faible pourcentage de situations liées au handicap, ce sont plutôt des besoins particuliers liés aux apprentissages, à des difficultés passagères, des difficultés de comportement.
Pour moi, cela fait beaucoup de changements mais mes compétences développées au cours de mon parcours professionnel sont totalement transposables dans ce nouveau service.
Je pense qu’à notre échelle, nous pouvons contribuer à l’école pour tous, en aidant d’une part les enseignants à rendre accessibles les apprentissages, et d’autre part en rendant plus fluide les parcours scolaires des élèves à besoins éducatifs particuliers. »
