À 73 ans, Lucien incarne la vitalité et l’autonomie. Malgré une déficience intellectuelle et auditive, il mène une vie riche, entourée d’une grande famille et d’activités variées. Son parcours, marqué par une récente installation en colocation (habitat inclusif) témoigne d’une volonté de rester actif et indépendant.
Lucien vit à Plan-de-Cuques depuis plus d’un an après avoir vécu à IRSAM Ruissatel-Garlaban. Avec ses voisins, les relations se tissent au fur et à mesure : « Le monsieur d’à côté est très sympa, il m’a prêté une scie circulaire une fois », traduit l’interprète missionnée pour ce portrait.
Autonomie et organisation au quotidien
Malgré sa déficience auditive – compensée par des dispositifs lumineux à domicile –, Lucien gère seul de nombreuses tâches : ménage, cuisine, jardinage, et même les transports en commun. Il prend régulièrement le bus 64 et le métro pour se rendre à Marseille ou faire ses courses chez Liddl ou au Carrefour Market.
Pour les courses, il est accompagné par Pauline WIERZBICKI, éducatrice spécialisée à IRSAM Ruissatel-Garlaban. En effet, si aujourd’hui il vit en colocation, il reste accompagné. La présence de Pauline l’aide notamment pour qu’il puisse gérer son budget, elle raconte « Un jour, il y avait trop d’articles dans son caddie, on a dû en retirer ». Cependant, elle souligne l’organisation minutieuse de Lucien dans la gestion de son budget : il garde tous les tickets de caisse.
Un semainier avec pictogrammes et photos l’aide à s’organiser. Pour Lucien, le soin de la maison est important : « J’aime beaucoup mettre la table, couper le pain, et je mets toujours mon tablier ! »
Passions et hobbies : entre mer, sport et culture
Lucien cultive de nombreuses passions :
La Pilotine, association créée en 2014, accompagne des publics en insertion vers les métiers de la mer, offrant des ateliers de menuiserie, soudure, mécanique et navigation, tout en favorisant la convivialité.
Une transition réussie vers la colocation
Après avoir vécu en établissement depuis 2013, où il s’occupait des poules, faisait du taïchi et de l’équithérapie, Lucien a choisi de s’installer en colocation : « La maison, c’est plus calme que le foyer. Avec Jennifer, ça se passe super bien, on marche ensemble », explique-t-il. Il apprécie avoir ses propres horaires et son espace, même si le partage et les rythmes différents peuvent parfois poser des défis.
Il garde un excellent souvenir de l’ancien directeur IRSAM Ruissatel-Garlaban, Hervé MARCE, avec qui il buvait le café et discutait jardinage. Pauline nous raconte que lorsqu’il était au Ruissatel-Garlaban, il rentrait le paon dans son cabanon et que parfois il devait courir après.
Un message d’espoir et de résilience
Le parcours de Lucien rappelle que l’autonomie et l’inclusion sont possibles à tout âge, malgré les défis. Son histoire est une belle source d’inspiration.